Né le 14 janvier 1971 à Douai (59)
Vit et travaille en Morbihan (56)
Depuis l’âge de 13 ans, expositions diverses en parallèle d’une scolarité chaotique (1), puis de petits emplois alimentaires et éclectiques.
2005 - se consacre exclusivement à la peinture.
Affilié à la Maison des Artistes - Paris
Contact : cheg@orange.fr
« A 8 ans, j’expose mes premiers crayonnés post apocalyptiques (scènes d’allaitements et de décharnements) dans le garage de ma grand-mère.
A l’issue de la manifestation, mémé décide de me faire rencontrer le psychiatre le plus proche.
Ma mère s’interpose, et m’oriente vers les aventures merveilleuses de « Martine à la plage ».
Un peu plus tard, j’expulserai une série de poésies absconses sur les prairies, les chatons et la mort. Ma marraine, pianiste, entreprend de les mettre en musique et la famille crie précocement au génie.
(1) J’exècre très vite l’apprentissage et les déguisements obligatoires. En sport, le port du short engendre une succession de fugues et d’isolements.
Pour mes treize ans, je reçois une boîte de pastels à l’huile. Je reprends le dessin d’une façon étrangement académique, en m’inspirant des maîtres impressionnistes et surréalistes. Cézanne et Magritte n’ont alors plus de secret pour moi. J’ai le sentiment de les avoir parfaitement compris et dépassés, d’être invincible. J’entre dans l’âge ingrat et mes préoccupations picturales deviennent purement esthétiques. J’expose avec d’autres peintres mégalos locaux lors des traditionnels salons d’automne, jusqu’à ce que je décide d’abandonner le superflu et de m’ouvrir sur ma peinture. Un reportage sur Jackson Pollock va me bouleverser. Je vais ensuite m’intéresser à Munch, Atlan, Alechinsky, Baselitz, à tout cet univers, à cette aventure, richesse expressionniste où il est extraordinairement possible de révéler les substances de l’existence. La lecture, et la rencontre avec des écrivains tels que Maupassant, Dostoïevski, Sartre me convaincront également de la quintessence du tragique; de décortiquer les maux, la raison, l’essentiel.
L’angoisse du vide, l’hypothèse de ne pas suffisamment exister, de n’être probablement qu’un cocktail d’hérédités génétiques; la vie, sa trajectoire, la conscience, l’inné, la futilité du désir, tout comme sa dimension, importance, sont inhérents à mes explorations.
Mes êtres apparaissent quasiment seuls, sans mon contrôle.
Ils ont toujours été là.
Ils élaborent un silence, un regard qui n’appartiendraient qu’à eux.
C’est cette infinitésimale création de soi que j’essaye de surprendre à travers mes « créatures ». Elles finiront par prendre le dessus. Elles engloutissent déjà les os des ancêtres et leurs regards osent s’affirmer, pour la première fois.
Peut-être sommes-nous tous amenés à n’être plus qu’un seul.
L’identité, la curiosité, l’idiosyncrasie semblent vouloir, pouvoir disparaître.
L’innocence, l’instinct, le précieux que l’on ignore. Nous, avec nos failles, nos doutes, nos tolérances, notre puissance à exister, à nous débattre, à nous inventer … Et si nous étions déjà plus vivants, complets, singuliers que ceux qui nous succéderont ?